Pourquoi ressent-on du plaisir percer les points noirs et éclater les boutons ?

Toutes nos attitudes et mouvements en disent long sur nous ! Même certaines habitudes que l’on considère comme « sales » peuvent révéler beaucoup sur notre personne. Aujourd’hui, nous nous pencherons sur une pratique très répandue : celle d’extraire les points noirs et les boutons du visage, du dos ou d’autres parties du corps !

Cette habitude divise la société en deux camps : ceux qui ressentent du dégoût à l’idée d’écraser des points noirs, et ceux qui, dans une certaine mesure, trouvent une certaine satisfaction à le faire. Dans cet article, je me concentrerai précisément sur cette deuxième catégorie : pourquoi tant de personnes éprouvent-elles de la satisfaction à éliminer les points noirs ? Vous êtes-vous déjà posé cette question ? Probablement pas, car vous êtes trop occupé à purifier le monde des points noirs pour vous préoccuper de la signification psychologique d’un tel acte.

Pourquoi aimons-nous tant presser les points noirs et éclater les boutons ?

Tout le monde a déjà eu un ami obsédé par les points noirs ou les boutons, ou peut-être vous-même, en lisant ces lignes, vous sentez-vous concerné par cette pratique.

Parmi ceux qui aiment enlever les points noirs, on peut faire une autre distinction. Il y a ceux qui ne se contentent que d’enlever leurs propres points noirs, et ceux qui, au contraire, éprouvent une certaine satisfaction à enlever les points noirs ou les boutons des autres.

Cette pratique ne concerne pas qu’une petite partie de la population, mais semble être un engouement collectif qui touche une bonne partie de la population.

Pensez-vous que j’exagère ? Essayez de rechercher « squeeze blackheads » ou « squeeze pimples » sur YouTube, et vous verrez que la toile regorge de tutoriels vidéo conseillant cette pratique, avec des vidéos dépassant les 4 à 5 millions de vues. Pire encore, il existe des vidéos filmant cette pratique sur des boutons géants ou des points noirs. Comment ce phénomène naît-il et comment se présente-t-il d’un point de vue psychologique ?

La dermotillomanie

La dermotillomanie est un trouble caractérisé par des taquineries constantes de la peau, provoquant des lésions cutanées, et pouvant être très invalidante dans les cas les plus sévères. On peut dire que toute personne ressentant le besoin compulsif d’enlever les points noirs et les boutons se trouve, même si c’est de manière indirecte, dans un état d’esprit similaire. Les opinions au sein de la communauté scientifique concernant cette tendance sont diverses, mais jamais contradictoires.

Qu’est-ce qui se cache derrière le plaisir de presser les points noirs et les boutons ?

Selon Nina Strohminger, auteure du livre « The Hedonics of Disgust » (Université du Michigan, 2013), il n’y a rien de masochiste dans la pratique d’extraire les points noirs et les boutons, mais plutôt un désir d’expérimentation.

Dean McKay, professeur de psychologie à l’Université Fordham de New York, explique que dans l’acte d’extraire les points noirs et les boutons, il y a à la fois une montée d’adrénaline liée à un risque inconscient (comme se blesser pendant la pratique ou contracter une maladie), et un sentiment ultérieur de satisfaction et de soulagement à la fin de la pratique. McKay explique que l’on peut ressentir du soulagement après une telle pratique, même si la sécrétion de boutons et de points noirs est jugée dégoûtante.

Amy Wechsler, dermatologue et psychiatre à New York, rapporte que certains de ses patients enlèvent les points noirs et les boutons pour se détendre.

Selon la littérature psychologique concernant la dermotillomanie, les personnes qui enlèvent les points noirs et les boutons utilisent cette pratique pour soulager des états émotionnels particuliers tels que l’anxiété, la colère, la tension, l’ennui ou la solitude. En résumé, la pratique de l’épilation des points noirs et des boutons peut être conditionnée par des stimuli inconscients.

Si nous revenons au symbolisme de la psychanalyse inductive, les stimuli inconscients sont liés aux désirs, aux frustrations et à la colère. C’est là que se situe la distinction entre ceux qui aiment enlever les points noirs sur eux-mêmes ou sur les autres. Bien entendu, les deux profils peuvent se chevaucher.

Retirer les points noirs et les boutons de son propre corps peut être une attitude typique de ceux qui ne s’acceptent pas, en particulier de ceux qui ne parviennent pas à accepter les erreurs commises ou les expériences vécues dans leur passé.

Dans l’acte emblématique d’enlever un point noir ou un bouton, on retrouve le désir de « déchirer son passé ». Se libérer d’une vieille honte du passé qui, même à un niveau inconscient, continue de nous hanter. En général, les personnes qui aiment enlever les points noirs uniquement sur elles-mêmes sont introverties, peu réactives, et ont tendance à renier leur passé. L’envie d’enlever les points noirs et les boutons découle du désir inconscient de changer quelque chose, car cela n’a pas été possible dans le passé.

Ceux qui aiment enlever les points noirs chez les autres expriment une certaine colère tenace. Dans ce tableau, une personnalité plus extravertie et réactive est configurée. Là aussi, on fait face à une incapacité à changer, et cette incapacité se traduit par de l’impuissance, de la frustration et de la colère.

En éliminant un point noir ou un bouton, en supprimant toute imperfection de la peau (y compris les poils incarnés !), on procure à l’inconscient une forme de contentement, car on ressent la satisfaction de changer quelque chose de « mauvais » ou d' »impur », ne serait-ce qu’au niveau de la peau. En pratiquant ainsi, on soulage une frustration difficile à identifier et à gérer.

Paradoxalement, après un « traitement » visant à éliminer les boutons et autres imperfections, la peau peut sembler pire qu’avant : cela intensifie les émotions négatives comme la honte ou l’anxiété. Ces émotions peuvent à leur tour déclencher d’autres épisodes, créant ainsi un cercle vicieux.

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